Buste Staline Fonte Kasli – 1946 – Expertise par Pierre Znamensky

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Exceptionnel buste de Staline en Fonte de Kasli

Expertise réalisée par Pierre Znamensky, décembre 2021

  1. L’objet

Buste en fonte de métal produit par les usines de Kasli situées à proximité d’Ekaterinbourg dans l’Oural. Il figure le maréchal Staline dans son uniforme de parade, orné de ses décorations au premier rang desquelles l’ordre de la victoire qui ferme le col de sa veste. Au revers, le buste porte la mention « fait en URSS » et la marque « Kasli 1951 ». Il est signé Pavel Stepanovitch Anikine, qui a réalisé le moule de cette sculpture en 1946. Notre exemplaire est donc un tirage réalisé cinq ans après la création originale de l’artiste.


Il est extrêmement rare aujourd’hui de trouver un exemplaire original de ce modèle de Buste du généralissime dans un tel état de conservation. Il s’agit en effet d’un buste à l’authenticité certaine, alors qu’il a été largement copié avec la relance des fonderies de Kasli au début des années 2000. Le marché est malheureusement inondé de vrais-fausses productions puisqu’il s’agit de bustes et de sculptures réalisés dans l’usine même à partir des moules originaux. Nous sommes au contraire en présence ici d’un exemplaire absolument authentique et original, datant effectivement de 1951.

  1. L’artiste

Né avec la révolution en 1917, Pavel Stepanovitch Anikine est mort à moins de quarante ans, le 13 novembre 1956. Il est l’un des grands maitres mouleurs et sculpteurs de fontes de Kasli. Anikine a été formé par les plus grands, notamment M. Ozersky et N. Gorsky. Pendant la deuxième guerre mondiale, son atelier est déplacé à Tcheliabinsk. Mais il revient à Kasli dès 1944 et devient professeur de sculpture au sein du lycée d’enseignement professionnel N°18 de Kasli. Il a mis en place et organisé pendant une douzaine d’années ce qu’on appelle aujourd’hui l’enseignement professionnel de la spécialisation de sculpteur-fondeur et organisé un atelier d’art où les futurs maîtres étaient formés.

En parallèle, il est nommé responsable des ateliers de fonderie d’art des usines de Kasli en 1949. Il réalise plusieurs ensembles monumentaux en fonte qui sont aujourd’hui présentés au public au musée des arts décoratifs de Moscou ou au musée d’Ekaterinbourg. On lui doit notamment les sculptures de groupes : « l’Hymne de l’Union soviétique » (1944) ; « les partisans à l’arrière de l’ennemi » (1945), « l’aube de l’abondance » 1949. Sa dernière œuvre monumentale est « la paix vaincra », réalisée quelques mois avant sa mort en 1956. Il décède dans le village de Kasli même.

Au début des années cinquante, il met au point un nouveau procédé technologique aux usines Kasli qui permet de couler et sculpter la fonte sous une pression plus élevée.

  1. Le lieu : Kasli, capitale mondiale de l’art de la fonte

La chaîne de l’Oural est connue depuis longtemps pour la richesse de son sous-sol et ses gisements de pierres précieuses et semi-précieuses. Les premières fonderies de fer sont apparues dans l’Oural au XVIIIe siècle.

L’histoire du moulage de Kasli a commencé en 1747, lorsqu’un marchand de Tula, Yakov Korobkov, a fondé une petite fabrique de métaux dotée d’une fonderie au village de Kasli dans l’Oural du Sud. Le site était riche en fonte et en sable de moulage de qualité unique, ainsi qu’en bois, ce qui est essentiel pour la production de charbon.

Si ces fabriques étaient à l’origine tournées vers les fournitures à l’administration et à l’armée, certaines d’entre elles ont rapidement commencé à produire des objets décoratifs de la vie quotidienne et des sculptures en fontes, ajoutant une plus-value artistique à leur production.

Les artisans de l’Oural – mouleurs, façonneurs et fondeurs – ont au fil du temps réussi à donner une véritable valeur joaillière à la fonte – par définition un matériau brut et industriel – pourtant difficile à travailler.

Parmi les produits de l’usine Kasli à la fin du XVIIIème siècle, on peut déjà voir les premiers exemples de fonte artistique : dalles pour les sols des églises et des usines, grilles et pierres tombales en fonte. Les premières statues en fonte pour les parcs, les vases de jardin, les clôtures et les escaliers font également leur apparition à cette époque.

Le XIXe siècle a donné une nouvelle orientation aux travaux de Kasli. À partir de 1813, l’usine a commencé à produire des articles de ménage et des articles domestiques, la production a changé d’échelle, devenant véritablement manufacturière.

Dans les années 1810, des artisans venant d’Allemagne, où la fonte artistique du fer était une tradition de longue date, se sont établis à Kasli pour fabriquer des articles ménagers – bouilloires, chaudrons, poêles et moules à pâtisserie, ajoutant leurs savoir-faire à celui déjà présent sur place depuis plus d’un demi-siècle

Le processus s’est progressivement amélioré à mesure que les formes de moulage devenaient plus complexes. Les premières pièces ajourées et compositions ornementales apparaissent à la fin du 19ème siècle.

On les retrouve dans une série de production d’une grande finesse : articles d’écriture et d’encrage, chandeliers, variété d’assiettes et de vases, instruments de fumeurs et cendriers, supports d’horloge et porte-crayons.

Le véritable triomphe de l’usine et la reconnaissance internationale qui l’accompagne a lieu en 1900, lorsque l’architecte de Saint-Pétersbourg E. E. Baumgarten, avec la participation de M. L. Dillon, construit le pavillon monumental en fonte de Kasli exposé à la section mines et métallurgie de l’Exposition universelle de Paris.

Pesant 4,5 tonnes, la structure de trois étages comportait trois entrées, et était composée de 1 500 pièces magistralement intégrées dans une seule composition.

Aujourd’hui, le pavillon, reconstitué en 1958 à partir de photographies d’époque, est l’une des pièces majeures exposées au musée d’art d’Ekaterinbourg. Il continue d’étonner les visiteurs par la virtuosité de son travail, l’étonnante unité et la cohérence de sa composition, la richesse de son ornementation décorative, la qualité de ses décors.

Le pavillon en fonte de Kasli a été reconnu par l’UNESCO comme un monument artistique unique d’importance internationale en 1978.

  1. L’avènement de la fonte artistique soviétique

La période soviétique, avec la mise en place des plans quinquennaux et de l’industrialisation à partir de 1930, sera synonyme de production industrielle de masse des articles en fonte.

Entre 1918 et 1991, l’usine de moulages de Kasli et ses maîtres ouraliens ont en effet répondu avec sensibilité et talent aux commandes de l’Etat pour illustrer tous les événements importants de la vie du pays, de sorte qu’il est possible de dérouler comme un livre d’histoire de l’Union soviétique aux travers des productions réalisées par les fonderies d’art.

La Seconde Guerre mondiale a fortement pénalisé la production de fonte d’art de Kasli. Mobilisés pour le front, de nombreux artistes ont dû mettre leurs talents entre parenthèses. Les ateliers se sont mis à produire de l’armement pour le front et l’usine a dû être déplacée en partie pendant trois longues années.

La production d’articles spéciaux pour l’industrie de défense figurait en tête de l’ordre du jour, de sorte que le renouveau de la fonte artistique a attendu la victoire sur l’Allemagne nazie pour se réaliser. Mais dès la sortie de la guerre, les besoins de la propagande ont largement reposé sur une production monumentale que seules les usines de Kasli étaient en mesure de satisfaire. La première commande du gouvernement soviétique au lendemain du conflit portait ainsi sur quatre plaques commémoratives gigantesques figurant les visages de Staline, Lénine, Marx et Engels pour décorer des bâtiments officiels.

Pour le soixante-dixième anniversaire du Secrétaire général du PCUS en 1949, les usines de Kasli se sont lancées dans la fabrication d’une somptueuse table en dentelle de fonte : une sculpture majestueuse et à plusieurs étages au sommet de laquelle se tiennent deux petits leaders, Lénine et Staline, pointant leurs bras dans deux directions différentes. Un ouvrier et une paysanne vient couronner l’ensemble, dans un mouvement rappelant la sculpture monumentale de Moukhina, ornant le pavillon de l’URSS lors de l’exposition universelle de 1937 à Paris.

Pendant toute la période soviétique, les artisans, fondeurs et sculpteurs de Kasli ont répondu à la fois aux exigences de la vie quotidienne en produisant des objets usuels et aux festivités du pays, en moulant en fonte, l’exploration spatiale, la lutte pour la cause de la paix, rendant gloire aux plus hauts dirigeants du pays comme aux plus anonymes des citoyens soviétiques. Une manière exceptionnelle, ornementale et massive d’illustrer en fonte noire les pages les plus glorieuses de l’histoire de l’URSS.

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Description

Exceptionnel buste de Staline en Fonte de Kasli

Expertise réalisée par Pierre Znamensky, décembre 2021

  1. L’objet

Buste en fonte de métal produit par les usines de Kasli situées à proximité d’Ekaterinbourg dans l’Oural. Il figure le maréchal Staline dans son uniforme de parade, orné de ses décorations au premier rang desquelles l’ordre de la victoire qui ferme le col de sa veste. Au revers, le buste porte la mention « fait en URSS » et la marque « Kasli 1951 ». Il est signé Pavel Stepanovitch Anikine, qui a réalisé le moule de cette sculpture en 1946. Notre exemplaire est donc un tirage réalisé cinq ans après la création originale de l’artiste.


Il est extrêmement rare aujourd’hui de trouver un exemplaire original de ce modèle de Buste du généralissime dans un tel état de conservation. Il s’agit en effet d’un buste à l’authenticité certaine, alors qu’il a été largement copié avec la relance des fonderies de Kasli au début des années 2000. Le marché est malheureusement inondé de vrais-fausses productions puisqu’il s’agit de bustes et de sculptures réalisés dans l’usine même à partir des moules originaux. Nous sommes au contraire en présence ici d’un exemplaire absolument authentique et original, datant effectivement de 1951.

  1. L’artiste

Né avec la révolution en 1917, Pavel Stepanovitch Anikine est mort à moins de quarante ans, le 13 novembre 1956. Il est l’un des grands maitres mouleurs et sculpteurs de fontes de Kasli. Anikine a été formé par les plus grands, notamment M. Ozersky et N. Gorsky. Pendant la deuxième guerre mondiale, son atelier est déplacé à Tcheliabinsk. Mais il revient à Kasli dès 1944 et devient professeur de sculpture au sein du lycée d’enseignement professionnel N°18 de Kasli. Il a mis en place et organisé pendant une douzaine d’années ce qu’on appelle aujourd’hui l’enseignement professionnel de la spécialisation de sculpteur-fondeur et organisé un atelier d’art où les futurs maîtres étaient formés.

En parallèle, il est nommé responsable des ateliers de fonderie d’art des usines de Kasli en 1949. Il réalise plusieurs ensembles monumentaux en fonte qui sont aujourd’hui présentés au public au musée des arts décoratifs de Moscou ou au musée d’Ekaterinbourg. On lui doit notamment les sculptures de groupes : « l’Hymne de l’Union soviétique » (1944) ; « les partisans à l’arrière de l’ennemi » (1945), « l’aube de l’abondance » 1949. Sa dernière œuvre monumentale est « la paix vaincra », réalisée quelques mois avant sa mort en 1956. Il décède dans le village de Kasli même.

Au début des années cinquante, il met au point un nouveau procédé technologique aux usines Kasli qui permet de couler et sculpter la fonte sous une pression plus élevée.

  1. Le lieu : Kasli, capitale mondiale de l’art de la fonte

La chaîne de l’Oural est connue depuis longtemps pour la richesse de son sous-sol et ses gisements de pierres précieuses et semi-précieuses. Les premières fonderies de fer sont apparues dans l’Oural au XVIIIe siècle.

L’histoire du moulage de Kasli a commencé en 1747, lorsqu’un marchand de Tula, Yakov Korobkov, a fondé une petite fabrique de métaux dotée d’une fonderie au village de Kasli dans l’Oural du Sud. Le site était riche en fonte et en sable de moulage de qualité unique, ainsi qu’en bois, ce qui est essentiel pour la production de charbon.

Si ces fabriques étaient à l’origine tournées vers les fournitures à l’administration et à l’armée, certaines d’entre elles ont rapidement commencé à produire des objets décoratifs de la vie quotidienne et des sculptures en fontes, ajoutant une plus-value artistique à leur production.

Les artisans de l’Oural – mouleurs, façonneurs et fondeurs – ont au fil du temps réussi à donner une véritable valeur joaillière à la fonte – par définition un matériau brut et industriel – pourtant difficile à travailler.

Parmi les produits de l’usine Kasli à la fin du XVIIIème siècle, on peut déjà voir les premiers exemples de fonte artistique : dalles pour les sols des églises et des usines, grilles et pierres tombales en fonte. Les premières statues en fonte pour les parcs, les vases de jardin, les clôtures et les escaliers font également leur apparition à cette époque.

Le XIXe siècle a donné une nouvelle orientation aux travaux de Kasli. À partir de 1813, l’usine a commencé à produire des articles de ménage et des articles domestiques, la production a changé d’échelle, devenant véritablement manufacturière.

Dans les années 1810, des artisans venant d’Allemagne, où la fonte artistique du fer était une tradition de longue date, se sont établis à Kasli pour fabriquer des articles ménagers – bouilloires, chaudrons, poêles et moules à pâtisserie, ajoutant leurs savoir-faire à celui déjà présent sur place depuis plus d’un demi-siècle

Le processus s’est progressivement amélioré à mesure que les formes de moulage devenaient plus complexes. Les premières pièces ajourées et compositions ornementales apparaissent à la fin du 19ème siècle.

On les retrouve dans une série de production d’une grande finesse : articles d’écriture et d’encrage, chandeliers, variété d’assiettes et de vases, instruments de fumeurs et cendriers, supports d’horloge et porte-crayons.

Le véritable triomphe de l’usine et la reconnaissance internationale qui l’accompagne a lieu en 1900, lorsque l’architecte de Saint-Pétersbourg E. E. Baumgarten, avec la participation de M. L. Dillon, construit le pavillon monumental en fonte de Kasli exposé à la section mines et métallurgie de l’Exposition universelle de Paris.

Pesant 4,5 tonnes, la structure de trois étages comportait trois entrées, et était composée de 1 500 pièces magistralement intégrées dans une seule composition.

Aujourd’hui, le pavillon, reconstitué en 1958 à partir de photographies d’époque, est l’une des pièces majeures exposées au musée d’art d’Ekaterinbourg. Il continue d’étonner les visiteurs par la virtuosité de son travail, l’étonnante unité et la cohérence de sa composition, la richesse de son ornementation décorative, la qualité de ses décors.

Le pavillon en fonte de Kasli a été reconnu par l’UNESCO comme un monument artistique unique d’importance internationale en 1978.

  1. L’avènement de la fonte artistique soviétique

La période soviétique, avec la mise en place des plans quinquennaux et de l’industrialisation à partir de 1930, sera synonyme de production industrielle de masse des articles en fonte.

Entre 1918 et 1991, l’usine de moulages de Kasli et ses maîtres ouraliens ont en effet répondu avec sensibilité et talent aux commandes de l’Etat pour illustrer tous les événements importants de la vie du pays, de sorte qu’il est possible de dérouler comme un livre d’histoire de l’Union soviétique aux travers des productions réalisées par les fonderies d’art.

La Seconde Guerre mondiale a fortement pénalisé la production de fonte d’art de Kasli. Mobilisés pour le front, de nombreux artistes ont dû mettre leurs talents entre parenthèses. Les ateliers se sont mis à produire de l’armement pour le front et l’usine a dû être déplacée en partie pendant trois longues années.

La production d’articles spéciaux pour l’industrie de défense figurait en tête de l’ordre du jour, de sorte que le renouveau de la fonte artistique a attendu la victoire sur l’Allemagne nazie pour se réaliser. Mais dès la sortie de la guerre, les besoins de la propagande ont largement reposé sur une production monumentale que seules les usines de Kasli étaient en mesure de satisfaire. La première commande du gouvernement soviétique au lendemain du conflit portait ainsi sur quatre plaques commémoratives gigantesques figurant les visages de Staline, Lénine, Marx et Engels pour décorer des bâtiments officiels.

Pour le soixante-dixième anniversaire du Secrétaire général du PCUS en 1949, les usines de Kasli se sont lancées dans la fabrication d’une somptueuse table en dentelle de fonte : une sculpture majestueuse et à plusieurs étages au sommet de laquelle se tiennent deux petits leaders, Lénine et Staline, pointant leurs bras dans deux directions différentes. Un ouvrier et une paysanne vient couronner l’ensemble, dans un mouvement rappelant la sculpture monumentale de Moukhina, ornant le pavillon de l’URSS lors de l’exposition universelle de 1937 à Paris.

Pendant toute la période soviétique, les artisans, fondeurs et sculpteurs de Kasli ont répondu à la fois aux exigences de la vie quotidienne en produisant des objets usuels et aux festivités du pays, en moulant en fonte, l’exploration spatiale, la lutte pour la cause de la paix, rendant gloire aux plus hauts dirigeants du pays comme aux plus anonymes des citoyens soviétiques. Une manière exceptionnelle, ornementale et massive d’illustrer en fonte noire les pages les plus glorieuses de l’histoire de l’URSS.

Informations complémentaires

Poids 3.5 kg